Première lumière · Astrophoto
Les flats en astrophotographie : à quoi ils servent, comment les réussir
Un flat est la photo d’une surface uniformément éclairée, prise sans rien changer à l’instrument. Il enregistre le vignetage et les poussières, que le logiciel retire ensuite des images. Vingt à trente flats par soirée suffisent, avec un histogramme entre un tiers et la moitié.

Par les membres du Club Cassini, club d’astronomie de Versailles (Yvelines). Mis à jour le 4 octobre 2026.
En bref
- Un flat est la photo d’une surface uniformément éclairée, prise avec l’instrument dans l’état exact où il a photographié le ciel.
- Les flats corrigent le vignetage et les ombres de poussières. Ils ne corrigent pas la pollution lumineuse.
- Il faut vingt à trente flats par filtre, avec le pic de l’histogramme entre un tiers et la moitié de l’échelle.
- On ne touche ni à la mise au point ni à l’orientation de la caméra entre les photos du ciel et les flats.
Les flats sont le « F » de DOF, les trois séries d’images de calibration avec les darks et les offsets. Ce sont celles que les débutants sautent le plus souvent, et celles dont l’absence se voit le plus : coins sombres, taches rondes, fond impossible à aplanir au traitement.
À quoi sert un flat en astrophotographie ?
- Le vignetage : le centre de l’image reçoit plus de lumière que les bords.
- Les poussières posées sur le capteur, le filtre ou le correcteur, qui dessinent des anneaux sombres.
- Les écarts de sensibilité d’un pixel à l’autre.
Le logiciel divise chaque photo du ciel par le flat. Les zones qui ont reçu moins de lumière sont remontées d’autant. Un flat ne corrige ni la pollution lumineuse ni les gradients dus à la Lune : ceux-là viennent du ciel.
La règle : ne rien toucher
Un flat ne vaut que pour la configuration exacte dans laquelle il a été pris. Entre les photos du ciel et les flats, on garde :
- la même mise au point
- la même orientation de la caméra
- les mêmes filtres, avec une série de flats par filtre
- les mêmes poussières, donc aucun démontage
Le gain de la caméra doit aussi être le même. La température du capteur compte peu. Le plus sûr est de faire les flats à la fin de la séance, avant de démonter, ou le lendemain matin si l’instrument est resté en place.
Comment faire des flats : quatre méthodes
| Méthode | Coût | Avantage | Limite |
|---|---|---|---|
| T-shirt blanc tendu, ciel de l’aube ou du crépuscule | Nul | Lumière très uniforme | Créneau de quelques minutes, pose à ajuster à chaque image |
| Tablette ou écran blanc | Nul | Disponible la nuit | Petits diamètres seulement, pixels parfois visibles |
| Panneau lumineux à dessin A4 ou A3 | 15 à 40 € | Uniforme, réglable, de nuit | Trop lumineux sans feuilles de papier intercalées |
| Écran à flats motorisé | 150 à 400 € | Automatique, sert aussi de bouchon | Prix |
Plusieurs membres du club utilisent un panneau à dessin, vendu pour le calque. On le pose sur l’instrument pointé au zénith, avec une ou deux feuilles blanches pour l’atténuer.
Quels réglages pour les flats ?
- Mettez la caméra au même gain que pour les photos du ciel.
- Réglez le temps de pose pour que le pic de l’histogramme se trouve entre un tiers et la moitié de l’échelle. Les logiciels d’acquisition comme ASIAIR ou NINA le calculent seuls.
- Prenez vingt à trente images.
- Prenez autant de « dark flats », des images faites avec le même temps de pose et le bouchon en place, ou utilisez vos offsets. Ils servent à calibrer les flats eux-mêmes.
Les erreurs qui rendent les flats inutilisables
- Une pose trop courte avec un panneau à LED. Ces panneaux clignotent très vite, et une pose de quelques millisecondes enregistre des bandes. Atténuez la lumière pour poser au moins une seconde.
- Un flat saturé ou trop sombre. Le logiciel divise alors par une valeur fausse et crée des coins plus clairs que le centre.
- La caméra tournée ou la mise au point refaite entre-temps. Les anneaux de poussière se décalent et apparaissent deux fois, une fois sombres et une fois clairs.
- De la lumière parasite qui entre par l’arrière d’un Newton pendant les flats.
Dans le logiciel
Siril, gratuit, applique les flats avec ses scripts de prétraitement, une fois les images rangées dans les dossiers « lights », « darks », « flats » et « biases ». Un flat réussi donne un fond de ciel uniforme d’un bord à l’autre dès l’empilement.
Le Club Cassini organise des ateliers de traitement où chacun apporte ses images, flats compris.
Questions fréquentes
Faut-il refaire des flats à chaque séance ?
Oui, dès que l’instrument a été démonté, que la caméra a tourné ou que la mise au point a changé. Les poussières se déplacent aussi d’une séance à l’autre. Sur une installation fixe qui n’est jamais démontée, les mêmes flats peuvent servir plusieurs semaines.
Quelle différence entre les flats, les darks et les offsets ?
Les flats corrigent les défauts d’éclairement du capteur : vignetage et poussières. Les darks, pris dans le noir avec le même temps de pose que les photos, retirent le signal thermique et les pixels chauds. Les offsets, ou bias, sont des poses les plus courtes possible qui retirent le signal de lecture.
Peut-on se passer de flats ?
On peut atténuer le vignetage au traitement avec un outil de retrait de gradient comme celui de Siril ou GraXpert. Ces outils ne retirent pas les ombres de poussières et abîment les nébuleuses étendues. Les flats prennent cinq minutes et donnent un meilleur résultat.
Sources et liens utiles
- Documentation de Siril : la calibration
- Siril, logiciel libre de traitement
- GraXpert, retrait de gradient
